Entre 2002 et 2007, le dollar canadien s’est apprécié de 59,5 % par rapport à la devise américaine. Il a atteint la parité et même fracassé tous les records. Cette hausse vertigineuse, de 14,9 % pour la seule année 2007, résulte de plusieurs facteurs, dont l’augmentation du prix des ressources naturelles, l’excellent état des finances publiques du Canada, la croissance soutenue de l’économie intérieure ainsi que la faiblesse du dollar américain. Par contre, le dollar canadien n’a pas évolué avec autant de vigueur par rapport aux devises d’autres principaux partenaires économiques du Grand Montréal, soit l’Union Européenne et le Japon. En effet, durant la période allant de 2002 à 2007, bien que notre devise s’est appréciée de 35 % par rapport au yen et beaucoup plus modestement vis-à-vis la livre sterling (13 %), elle s’est légèrement dépréciée de 3 % face à l’euro.
Certaines industries de l’économie montréalaise sont particulièrement touchées par cette réalité. C’est le cas du secteur de la fabrication, qui a essuyé la perte de plus de 25 000 emplois en 2007, avec une chute annuelle de 9,4 %, la plus importante depuis la récession de 1991. À l’inverse, l’immense secteur des services a enregistré en 2007 un gain de 61 400 emplois. Il s’agit d’une hausse de 4,1 % par rapport à 2006, soit la plus importante des 20 dernières années. Tous secteurs confondus, l’emploi dans la région de Montréal a connu en 2007 une progression annuelle de 2,5 %, sa plus forte croissance depuis 2002. Cette hausse du nombre d’emplois a ainsi permis au Grand Montréal d’abaisser son taux de chômage au niveau de 7 % en 2007. Un record depuis 1976, l'année où Montréal a accueilli les Jeux Olympiques.
Cette excellente performance est en grande partie attribuable à une économie qui s’est fortement tertiarisée et orientée vers le savoir depuis une dizaine d’années. L’économie du savoir est effectivement moins vulnérable aux fluctuations de la monnaie que l’industrie manufacturière traditionnelle.
Afin de limiter les impacts négatifs de la montée du dollar canadien, le gouvernement du Québec a dévoilé le 23 novembre dernier un Plan d’action en faveur du secteur manufacturier d’une valeur de 620 millions $, dont 178 millions $ en mesures fiscales et 442,6 millions $ en mesures budgétaires. Cette aide vise à favoriser l’investissement privé, à renforcer la compétitivité des entreprises québécoises sur les marchés étrangers ainsi qu’à encourager l’innovation et la formation de la main-d’œuvre.
Bien que les coûts représentent un facteur de localisation important pour les projets à valeur ajoutée des investisseurs potentiels, ceux-ci recherchent surtout, et trouvent dans le Grand Montréal une main-d’œuvre qualifiée et créative, des infrastructures d’excellence, un fort potentiel d’innovation, un environnement fiscal favorable ainsi qu’une grande qualité de vie.
Au demeurant, il convient de souligner qu’un dollar canadien fort entraîne également des retombées positives sur le climat d’investissement de la région. Les entreprises montréalaises, notamment les filiales de sociétés étrangères déjà établies dans le Grand Montréal, ont maintenant la possibilité d’acquérir à l’étranger de la machinerie et de l’équipement à moindre coût. Ces nouvelles acquisitions leur permettent alors d’accroître leur productivité et leur compétitivité à l’échelle mondiale.
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