Réformer le programme des travailleurs étrangers temporaires

Le gouvernement du Canada a promis de revoir le cadre dans lequel s’inscrit le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Des parlementaires canadiens viennent d’inviter le gouvernement à agir en ce sens au terme d’une consultation tenue au début de l’été. Leur rapport final va dans la bonne direction, bien qu’il ne propose des solutions qu’à une partie des lacunes du programme. Nous croyons que le gouvernement doit saisir cette opportunité et s’engager à mettre fin aux irritants de celui-ci afin d’accélérer le développement économique.

Il importe d’alléger les processus d’immigration pour la main-d’œuvre hautement spécialisée. Si nous souhaitons nous positionner avantageusement, dans un monde où nos compétiteurs tels que la Grande-Bretagne et l’Australie améliorent leurs systèmes pour attirer les meilleurs candidats, notre processus d’immigration doit être rapide, prévisible et facilement compréhensible.

La disponibilité de talents est un enjeu particulièrement important pour l’avenir de notre métropole. De plus en plus d’entreprises du Grand Montréal n’arrivent plus à trouver localement et en quantité suffisante la main-d’œuvre spécialisée dont elles ont besoin pour assurer leur compétitivité et leur croissance.

Les travailleurs étrangers temporaires constituent une partie de la réponse aux pénuries de travailleurs qualifiés observées. Or, plusieurs modifications apportées depuis quelques années par le gouvernement du Canada au programme des travailleurs étrangers temporaires ont grandement compliqué la venue de ces derniers. Ces changements ont créé de l’incertitude et de la lourdeur administrative, et constituent donc un frein au développement économique et à la création d’emplois.

Ce programme est un outil d’autant plus central que les secteurs créateurs d’emplois dans la métropole québécoise sont ceux de haut savoir, qui reposent essentiellement sur les compétences de la main-d’œuvre (technologies de l’information et des communications, jeux vidéo, effets spéciaux, finance, aéronautique, etc.). Ces secteurs affichent des taux de croissance allant jusqu’à 25 %. Ce taux de croissance très rapide, combiné à l’enjeu grandissant du déclin démographique, pose un défi que l’on n’a pas le choix de relever dans une économie moderne.

La solution à l’enjeu de disponibilité de talents repose sur un ensemble de stratégies et d’initiatives. Nous devons agir sur tous les fronts : lutte au décrochage scolaire, promotion des carrières techniques et scientifiques chez les jeunes, meilleure adéquation entre l’offre de formation et les besoins des industries, promotion de la formation continue, etc. Mais, même en mettant en œuvre toutes ces actions, les employeurs de la région demeureront confrontés à des besoins de court terme qui appelleront des réponses flexibles, ciblées et rapides.

Le gouvernement du Canada peut compter sur l’appui de la communauté d’affaires du Grand Montréal pour favoriser l’accueil d’une main-d’œuvre hautement spécialisée et ainsi répondre à des besoins immédiats du marché du travail. N’oublions pas que les sociétés qui valorisent le savoir et la créativité deviennent les plus attractives. Dans ce contexte, notre capacité à attirer les meilleurs talents, d’ici et d’ailleurs, est un atout incontournable.

Cosignataires :

Hubert Bolduc, président-directeur général, Montréal International

Suzanne Benoît, présidente-directrice générale, Aéro Montréal

Frank Béraud, président-directeur général, Montréal InVivo

Yves-Thomas Dorval, président-directeur général, Conseil du patronat du Québec

Catherine Émond, directrice, Alliance numérique

Stéphane Forget, président-directeur général intérimaire, Fédération des chambres de commerce du Québec

Michel Leblanc, président-directeur général, Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Pierre Moreau, président-directeur général, Bureau du cinéma et de la télévision du Québec

Source : Lettre ouverte parue le 28 septembre 2016, dans La Presse +

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