Agir pour accroître l’impact de l’immigration sur la prospérité du Québec

laurier

Sur les quelque 50 000 immigrants admis annuellement au Québec, à peine plus de 5 000 ont au préalable été des étudiants internationaux ou des travailleurs temporaires spécialisés ayant séjourné au Québec.

Afin que l’immigration puisse être un levier de prospérité encore plus important, il est fondamental  de convaincre un plus grand nombre de ces immigrants temporaires, étudiants et travailleurs spécialisés, à devenir résidents permanents.

Pourquoi? Parce que ceux-ci sont déjà en processus d’intégration et font partie prenante de la société québécoise. Les travailleurs sont en situation d’emploi alors que les étudiants obtiendront un diplôme québécois et ne feront donc pas face à l’enjeu de reconnaissance des diplômes le temps venu d’accéder au marché du travail québécois. Leur expérience de vie au Québec fait en sorte qu’ils ont développé des repères et des réseaux qui font d’eux des candidats à l’immigration dotés d’un fort potentiel d’intégration. C’est donc en misant davantage sur ces deux groupes stratégiques d’immigrants que le Québec parviendra à réduire le taux de chômage malheureusement trop élevé qui sévit au sein de ses immigrants reçus.

En 2010, le gouvernement du Québec a eu la brillante idée de mettre en place un nouveau programme – Programme de l’expérience québécoise (PEQ) – ciblant spécifiquement ces deux groupes en leur permettant d’obtenir rapidement et aisément leur Certificat de sélection du Québec (CSQ) menant à la résidence permanente. Malgré l’efficacité de ce programme « fast track », la proportion de demandes de CSQ finalisées par des étudiants internationaux et des travailleurs temporaires spécialisés n’a pas augmenté au cours des dernières années.

Chaque année au Québec, le bassin de travailleurs et d’étudiants admissibles et intéressés au PEQ augmente de façon considérable mais seulement le tiers d’entre eux vont de l’avant avec une demande de CSQ et cette proportion tend à stagner en dépit de l’introduction du PEQ.

Pour optimiser la rétention de ces deux groupes, il nous semble essentiel d’intensifier de façon proactive et systématique, les efforts de communication et de promotion du PEQ. Selon une récente étude conjointe de Montréal International et du Conseil emploi métropole, le processus d’immigration est considéré par les étudiants et les travailleurs comme un obstacle majeur à leur rétention. Bon nombre d’entre eux ne connaissent pas le PEQ et ont la perception erronée que le processus est long et complexe. Il est grand temps de changer cette perception et de mener une vaste campagne d’information et de séduction auprès de ces candidats stratégiques à l’immigration.

On estime au Québec qu’environ 25 000 étudiants internationaux et travailleurs temporaires spécialisés seront admissibles et intéressés au PEQ en 2018.

Qu’est-ce qui nous empêche de viser à ce que 15 000 d’entre eux fassent une demande de CSQ? Soyons ambitieux et stratégique en matière d’immigration. Notre prospérité économique en dépend.

Christian Bernard
Économiste en chef. Montréal International

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