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Choix concurrentiels de KPMG 2014 : Plus ça change, plus c’est pareil

Nouveau classement international, même résultat. Le Grand Montréal continue de performer, voire de surclasser ses rivaux à l’échelle mondiale, cette fois-ci à l’égard des coûts d’exploitation à l’étranger. En effet, l’édition 2014 de l’étude Choix concurrentiels de KPMG confirme que Montréal maintient sa première position parmi les 34 métropoles d’Amérique du Nord (hors Mexique) de plus de 2 millions d’habitants. En fait, la région a même amélioré sensiblement son avantage-coût global entre 2012 et 2014, puisque celui-ci, par rapport à la moyenne américaine, a bondi de 5,7 % à 8,0 %!

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Plus précisément, les coûts globaux d’exploitation d’une entreprise à Montréal représentent aujourd’hui 92,0 % de la moyenne américaine, au premier rang devant Toronto et Vancouver (respectivement 93,6 % et 94,6 %). Le même constat s’applique lorsque l’on désagrège l’étude pour chacun des 4 secteurs, analysés : la métropole domine littéralement le classement nord-américain! Déjà, ces résultats sont en soi plus qu’impressionnants. Et nous ne sommes même pas encore au bout des bonnes nouvelles, puisque le Grand Montréal se classe deuxième parmi l’échantillon d’agglomérations de plus de 2 millions d’habitants des pays de l’OCDE étudiées, tout juste derrière Manchester, au Royaume-Uni. Définitivement, le Grand Montréal continue de se bâtir une solide réputation à titre de lieu privilégié pour y établir et opérer une entreprise.

Bien sûr, les taux de change en vigueur influencent la position des pays au classement. Le repli progressif du huard contribue d’ailleurs au maintien du Canada au deuxième rang parmi les 10 pays étudiés. Cependant, dans un monde de plus en plus compétitif où l’écart relatif entre les juridictions s’amoindrit constamment, ce sont les incitatifs offerts aux entreprises, par exemple sous la forme de divers crédits d’impôts et de congé fiscaux, qui font la différence. Également, le poids des éléments de coût, tels le prix de l’énergie, des loyers industriels ou encore des salaires, est généralement plus faible à Montréal qu’ailleurs, ce qui contribue à y réduire les coûts d’opération.

En somme, l’avantage-coût du Grand Montréal varie de façon significative d’un secteur à l’autre, ce qui s’explique essentiellement par une stratégie d’aides fiscales ciblées qui lui permet de se différencier de façon marquée des autres agglomérations métropolitaines dans certains secteurs clés. Par exemple, grâce à des crédits d’impôt concurrentiels dans les secteurs du jeu vidéo, de la conception de logiciel, de la R-D ou des services financiers internationaux, il en coûte beaucoup moins cher pour une entreprise de choisir le Grand Montréal. Également, la région est la plus compétitive à l’égard du secteur manufacturier, bien que par une plus faible marge, notamment dans les sous-secteurs des pièces d’aéronefs, des équipements médicaux et de la pharmaceutique.

Montréal doit encore améliorer son attractivité afin de continuer de se démarquer de ses concurrentes. Mais force est d’admettre qu’à l’égard des coûts d’opération, la métropole tire déjà amplement son épingle du jeu et qu’elle constitue l’endroit par excellence pour y implanter une entreprise, du moins, dans son coin du monde!

Méthodologie : L’étude compare les coûts de démarrage et d’exploitation, après impôts, sur une période de 10 ans pour 131 villes situées dans 10 pays. L’indice développé par KPMG repose sur 26 facteurs de coûts, principalement composés de coûts de main-d’œuvre, de taxation, de transport, d’énergie, de télécommunications, de services publics et d’immobilier. L’avantage-coût d’un pays est calculé sur la base de la moyenne des coûts dans les plus grandes villes de chaque pays.

Philippe Valentine, analyste
Direction des études économiques

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