Compétitivité : le Grand Montréal toujours au 1er rang des grandes métropoles d’Amérique du Nord

Choix concurrentiels 2016 : une étude dévoilée par KPMG le 30 mars 2016

Faits saillants :
  • En 2016, le Grand Montréal jouit d’un avantage-coût de près de 15 % par rapport à la moyenne des grandes villes américaines. Cet avantage-coût a presque doublé comparativement à la dernière parution de l’étude en 2014.
  • Il s’agit d’une augmentation significative, qui s’explique essentiellement par la baisse de la valeur du dollar canadien par rapport à la devise américaine. L’avantage-coût montréalais varie de façon importante d’un secteur à l’autre. Il grimpe jusqu’à 25 % et plus dans certains secteurs stratégiques qui profitent de crédits d’impôt ciblés.

L’édition 2016 de l’étude Choix concurrentiels de KPMG confirme que Montréal conserve sa première position au classement des 20 régions métropolitaines nord-américaines les plus populeuses en ce qui a trait à la compétitivité de ses coûts d’exploitation. 

Cette étude évalue 26 éléments de coûts pour 19 types d’entreprises dans chacune des villes à l’étude. Des résultats par pays sont également établis grâce aux coûts de leurs principales métropoles. Les coûts sont comparés à une référence américaine, soit la moyenne des coûts des quatre plus grandes villes américaines (New York, Los Angeles, Chicago et Dallas-Fort Worth).

Les résultats 2016 établissent que le Grand Montréal jouit, tous secteurs confondus, d’un avantage-coût de 14,8 % par rapport à la base de référence américaine. Cet avantage a presque doublé comparativement à la dernière parution de l’indice en 2014, alors que l’avantage-coût montréalais se situait à 8,0 %, ce qui s’explique essentiellement par la
baisse de la valeur du dollar canadien par rapport à la devise américaine. Le tableau 1 ci-dessous présente l’évolution de l’indice de coûts pour la région métropolitaine de Montréal depuis 2002.

KPMG note toutefois qu’en 2016, la compétitivité de toutes les principales villes internationales s’est accrue par rapport aux villes américaines, et ce, en raison de la hausse du dollar américain. À ce sujet, le taux de change utilisé pour les villes canadiennes dans le rapport 2016 est établi à 1,34 CAD/USD, par rapport à 1,05 CAD/USD en 2014.

Bref survol du classement mondial

  • Au niveau des pays, le Canada conserve sa deuxième position, derrière le Mexique. L’avantage-coût du Canada par rapport aux États-Unis double en 2016 comparativement à 2014 et passe de 7,2 % à 14,6 %. Le score du Canada est en fait l’effet combiné des résultats de ses deux principales villes, soit Montréal et Toronto.
  • Le Mexique demeure, encore cette année, au premier rang mondial parmi les pays étudiés. Son avantage-coût atteint 22,5 %, soit, selon KPMG, le « pourcentage le plus élevé de la décennie ».
  • Les Pays-Bas conservent leur troisième place au palmarès mondial. Ce sont l’Italie et l’Australie qui se hissent dans le top 5 de l’édition 2016, délogeant le Royaume-Uni et la France qui s’y trouvaient en 2014.

  • Encore une fois, il importe de rappeler que la valorisation du dollar américain explique en grande partie la baisse des coûts d’exploitation des autres pays, qui sont convertis en dollars américains dans cette étude. KPMG stipule d’ailleurs que les « États-Unis sont maintenant perçus comme un lieu où les coûts d’exploitation sont élevés par rapport aux autres marchés similaires ». La devise sterling demeure l’unique monnaie étrangère utilisée dans cette étude dont le taux de conversion par rapport au dollar américain demeure sensiblement le même en 2014 et 2016.

La performance du Canada et de ses deux plus grandes métropoles en Amérique du Nord

  • Encore cette année, la grande région métropolitaine de Montréal se retrouve au 1er rang des 20 métropoles les plus peuplées d’Amérique du Nord pour ses coûts d’entreprise les plus faibles, tous secteurs confondus. Le graphique 2 montre l’indice de compétitivité des coûts d’exploitation des plus grandes métropoles nord-américaines.
  • Ce graphique démontre également un écart notable entre l’indice des principales villes américaines et celui des deux métropoles canadiennes. La première ville américaine au classement, Tampa, détient un indice de 11 % plus élevé que celui de Montréal. New York est quant à elle la ville où les coûts sont les plus élevés, soit 22,9 % de plus qu’à Montréal.

Graphique 2

Montréal, par secteur

  • En 2016, la gestion d’essais cliniques devient le secteur pour lequel Montréal offre les plus faibles coûts d’entreprises. L’avantage-coût de ce secteur grimpe à 31,0 % en 2016 et se loge devant celui du secteur de la conception de jeux vidéo (29,7 %).
  • Le secteur des services financiers internationaux demeure le troisième secteur dans lequel Montréal performe le mieux en matière de coût (28,7 %), suivi de celui des tests de systèmes électroniques en 4e place (28,1 %). Ces deux secteurs se trouvaient respectivement à ces mêmes rangs en 2014.
  • C’est le secteur de la recherche et du développement dans le domaine biomédical qui réussit à se placer dans le top 5 des coûts d’entreprise les plus bas à Montréal, en 5e place en 2016 (avantage-coût de 26,9 %).
  • À ce sujet, le rapport rappelle que d’importants incitatifs mis en place pour soutenir les activités de recherche et de développement au Canada, de la part des gouvernements provinciaux et fédéral, ont permis au pays de bien se positionner dans ce secteur. À l’échelle des résultats canadiens, c’est ce secteur qui détient le plus grand avantage-coût, soit 27,7 %.

Résumé méthodologique

Cette étude évalue 26 éléments de coûts d’entreprise pour 19 types d’entreprises dans chacune des villes à l’étude. Ces facteurs de coûts sont principalement composés de coûts de main-d’oeuvre, de taxation, de transport, de services publics et d’immobilier. L’avantage-coût d’un pays est calculé sur la base de la moyenne des coûts dans les plus grandes villes de chaque pays. À titre d’exemple, la moyenne des coûts à Montréal et Toronto a permis de calculer le niveau global des coûts du Canada. Les coûts sont comparés à une référence américaine, qui correspond à la moyenne des coûts d’entreprise des quatre plus grandes villes américaines (New York, Los Angeles, Chicago et Dallas-Fort Worth).

L’étude compare les coûts de démarrage et d’exploitation, après impôts, sur une période de 10 ans dans plus de 100 villes situées dans 10 pays à l’étude : Allemagne, Australie, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Mexique, Pays-Bas et Royaume-Uni.

L’indice de KPMG est calculé pour 19 secteurs industriels regroupés au sein des quatre catégories présentées ci-dessous :

  • Services numériques : développement de logiciels et conception de jeux vidéo.
  • Services liés à R-D : R-D du domaine biomédical, gestion d’essais cliniques, développement et tests de systèmes électroniques.
  • Services aux entreprises : services financiers internationaux et centres de services partagés.
  • Fabrication : pièces d’aéronefs, transformation des aliments, fabrication d’appareils médicaux, pièces d’automobiles, usinage des métaux, assemblage de composantes électroniques, fabrication de batteries évoluées, composantes de précision, produits de plastique, produits chimiques spécialisés, production pharmaceutique, équipement de télécommunication.

Renseignements supplémentaires

Le rapport complet est disponible à l’adresse suivante :  http://mmkconsulting.com/compalts/reports/compalt2016_report_vol1_en.pdf

La synthèse est disponible à l’adresse suivante :  http://mmkconsulting.com/compalts/reports/compalt2016_execsum_fr.pdf

Par Marie-Hélène Le Rossignol
Analyste, Études économiques

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