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Sièges sociaux : rien à envier aux autres grandes métropoles canadiennes

La question de la protection des sièges sociaux a fait la manchette à plusieurs reprises dans les derniers mois. Les offres d’achat hostiles à l’endroit du quincailler Rona et de la minière Osisko ne sont pas étrangères à ce regain d’intérêt pour la question. Politiciens, économistes et analystes se préoccupent de la perte du nombre de sièges sociaux dans le Grand Montréal et de son déclin relatif par rapport aux régions métropolitaines du reste du Canada. Mais qu’en est-il au juste de la situation des sièges sociaux dans le Grand Montréal? Y-a-t’ il lieu de s’inquiéter?

Cette préoccupation récurrente face à la perte de sièges sociaux et des emplois qui y sont rattachés vient des retombées majeures que ce type d’établissement crée dans son sillage. En effet, KPMG-SECOR estime à 5,1 G$ la création de richesse découlant des activités des sièges sociaux localisés au Québec, pour l’année 2011.

Sièges sociaux

Ces établissements soutiennent plus de 70 000 emplois directs et indirects dans l’économie québécoise.

À cela s’ajoutent la création d’emplois bien rémunérés, l’augmentation de la demande de services aux entreprises, le rayonnement de la métropole et l’accroissement de son pouvoir d’attraction ainsi que la tenue d’activités de prestige. Notons que ces retombées bénéficient en grande partie à la région métropolitaine de Montréal puisque la majorité des sièges sociaux localisés au Québec y sont installés.

D’un côté, le Grand Montréal peut s’appuyer sur de nombreux atouts pour attirer et retenir les sièges sociaux. La compétitivité des coûts d’exploitation, une offre développée de services aux entreprises, le bilinguisme de plus de la moitié de la population et la proximité des marchés nord-américains sont au nombre des facteurs favorisant l’établissement de sièges sociaux dans la région métropolitaine.

D’ailleurs, l’analyse des plus récentes données de Statistique Canada montre que Montréal n’a rien à envier aux autres grandes métropoles canadiennes. En effet, le Grand Montréal détient sa juste part des sièges sociaux et du nombre d’emplois qui y sont associés, soit, respectivement, 14 % et 18 %, pour l’année 2012. Cela le place au 2e rang des métropoles canadiennes accueillant le plus de sièges sociaux, derrière Toronto.

De l’autre côté, la partie n’est pas gagnée d’avance pour Montréal puisque le nombre d’emplois dans les sièges sociaux y est en déclin depuis 2010, selon les plus récentes données de Statistique Canada. La situation est tout autre à Toronto et dans l’ensemble du Canada. Pour le moment, il est difficile de parler de tendances de long terme puisque les données ne portent que sur trois ans. Néanmoins, il nous faut agir sur les leviers à notre disposition pour éviter que le Grand Montréal ne perde du terrain par rapport à ses rivales canadiennes.

À cet égard, les activités de promotion de l’attractivité du Grand Montréal, de mobilité internationale et d’attraction et de rétention de talents stratégiques de Montréal International contribuent largement à faire rayonner Montréal comme une métropole compétitive qui dispose d’un bassin de main-d’œuvre hautement qualifiée : autant de qualités essentielles pour attirer et retenir les sièges sociaux.

Kim Somers, analyste
Direction des études économiques

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