Création du Réseau international LGBTQI francophone

Réseau LGBTQI francophone international - Montréal International 

Montréal International investi du mandat de créer une OING LGBTQI

4 millions de dollars sur 5 ans

Le 11 juin 2018, Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec a annoncé l’octroi d’une somme de 4 millions de dollars CA sur cinq ans pour créer et assurer le fonctionnement d’une nouvelle organisation internationale non gouvernementale (OING) à Montréal qui agirait en faveur de la protection et de l’avancement des droits des personnes LGBTQI dans l’espace francophone.

Montréal International, un organisme qui appuie quelque 65 organisations internationales installées dans la métropole québécoise, a été mandaté pour voir à la création de cet organisme autonome. Il travaille en collaboration avec un comité d’orientation LGBTQI international mis en place pour le conseiller. Le lancement des activités du réseau est prévu en 2019.

Comité d’orientation

Montréal International détient une expertise pointue dans l’accompagnement d’organisations internationales. L’organisme s’est adjoint un gestionnaire de projet pour mettre ce futur réseau sur pied, et a créé un comité d’orientation international pour l’aider avec sa structuration. Composé de sept personnes du Québec, de France, d’Algérie et de Côte d’Ivoire, ce comité aura pour tâche au cours des prochains mois de concevoir la mission et la vision du réseau, ainsi que ses orientations stratégiques. Il devra réfléchir à un projet de structure démocratique qui assurera son autonomie et qui adhèrera aux valeurs de transparence essentielles à sa réussite. Finalement, le comité devra se pencher sur la programmation éventuelle de l’OING, son futur nom et ses modalités de fonctionnement.

Ce réseau se voudra rassembleur de tous les acteurs LGBTQI de la francophonie. Pour exprimer votre intérêt à le rejoindre ou pour toute information supplémentaire, n’hésitez pas à communiquer avec nous : lgbtqi@mtlintl.com / 1 514 987-8191, poste 9523

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Pourquoi un réseau francophone LGBTQI?

Pour favoriser la concertation et la mobilisation

Les communautés LGBTQI vivent des réalités différentes d’une région du globe à l’autre. Ce réseau aura pour objectif de favoriser l’entraide et la concertation dans le milieu LGBTQI francophone, dans le respect des réalités propres à chaque pays et à chaque communauté.

Pour soutenir l’action et le renforcement des capacités

À l’international, le milieu de soutien et de mobilisation LGBTQI évolue principalement en anglais, ce qui constitue souvent une entrave aux nombreuses personnes et organisations qui œuvrent davantage en français. Ce réseau veut créer de nouvelles occasions pour développer et renforcer les capacités aux plans local et national, puis appuyer l’action sur le terrain spécifique aux besoins des communautés francophones.

Pour créer des espaces de dialogue sécuritaires et inclusifs

Dans de nombreux pays, les personnes LGBTQI affichent leur identité au risque de leur sécurité personnelle, de leur santé et, parfois, de leur vie. Ce réseau se voudra un espace de dialogue et de collaboration sécuritaire, respectueux de la diversité et du parcours de chaque personne et de chaque organisme.

Pour assurer un accès à des ressources en français

Le travail de recherche de la Global Philanthropy Project démontre que très peu de ressources financières appuient les communautés LGBTQI de l’espace francophone. Le réseau œuvrera à réduire cet écart et à rendre disponibles davantage d’outils adaptés aux réalités et aux besoins des communautés dans les pays francophones.

Réalités LGBTQI et l’espace francophone international

Population francophone dans le monde

Carte population francophone dans le monde

Source OIF

Selon l’Observatoire de la langue française, il y a quelque 274 millions locuteurs du français dans le monde, faisant d’elle l’une des langues les plus parlées. Après l’anglais, le français est la langue la plus répandue et sa présence s’étend à tous les continents. Par ailleurs, les pays francophones rassemblent plus de 900 millions d’habitants, soit 14 % de la population mondiale.

Dans le contexte de la mise sur pied du réseau, la francophonie constitue un espace parfois difficile à bien délimiter. Au niveau de la Francophonie institutionnelle, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) rassemble la plupart des États et gouvernements du monde francophone. Elle compte aussi en son sein plusieurs pays francophiles. Cependant, certains pays où le français occupe une place importante dans la société n’en sont pas membres. L’OIF compte 54 États et gouvernements membres, 26 membres observateurs et quatre membres associés.

En raison des difficultés à bien définir l’espace francophone, le futur réseau se voudra un regroupement de la société civile, qui peut apporter un appui réel et concret aux communautés LGBTQI dans des territoires où le français est une langue véhiculaire pertinente pour l’appui et l’action. C’est pour combler un vide évident dans l’univers francophone mondial à cet égard qu’il voit le jour.

États des lieux des droits LGBTQI dans l’univers francophone

En matière de droits et de reconnaissance des personnes LGBTQI, la situation varie considérablement d’une région francophone à l’autre. Si la situation s’est améliorée dans certains pays sur les plans social et juridique au fil des ans, elle reste alarmante dans beaucoup d’autres.

La discrimination, le rejet et les atteintes à la sécurité personnelle et à la dignité humaine sont encore monnaie courante. Les conditions de vie sont encore plus difficiles pour les personnes trans qui, souvent, ne peuvent s’appuyer sur une quelconque reconnaissance de leur identité ou expression de genre. Les atteintes physiques sur les enfants intersexes sont encore fréquentes, et ce malgré de nombreuses condamnations des institutions internationales.

  • Un peu plus d’une douzaine de pays, situés principalement en Afrique et au Moyen-Orient, criminalisent toujours les relations sexuelles entre personnes de même sexe.
  • Les conséquences d’une condamnation peuvent être graves. Dans quelques cas, les personnes ayant des rapports sexuels avec des personnes du même sexe sont toujours passibles de la peine de mort ou d’une incarcération à perpétuité. Dans les autres, il existe une menace réelle d’encourir des peines d’emprisonnement pouvant varier de trois à cinq ans, voire même 14 ans.
  • À plusieurs autres endroits, des lois de moralité publique, religieuse ou sociale s’attaquent à des comportements jugés « contre nature » et sont utilisées pour persécuter les personnes LGBTQI.

Seules quelques juridictions reconnaissent les changements à l’identité et l’expression de genre; en revanche aucun pays francophone n’interdit les atteintes physiques sur les enfants intersexes.